Les Hauts de Hurlevent

Les Hauts de Hurle-vent sont des terres situées au sommet d’une colline et balayées par les vents du nord. La famille Earnshaw y vivait, heureuse, jusqu’à ce qu’en 1771, M. Earnshaw adopte un jeune bohémien de 6 ans, Heathcliff. Ce dernier va attirer le malheur sur cette famille. Dès le début, Hindley, le fils de Earnshaw éprouve une profonde haine pour cet intrus. À la mort de son vieux bienfaiteur , Heathcliff doit subir la rancœur de Hindley, devenu maître du domaine. Humilié par sa condition subalterne, Heathcliff, qui pourtant aime passionnément Catherine, la sœur de Hindley, jure de se venger. Sa fureur est décuplée lorsque Catherine, au tempérament aussi passionné que le sien, épouse le riche Edgar Linton…

Poil de carotte

François Lepic est surnommé « Poil de Carotte » à cause de ses cheveux roux. Sa mère le déteste, lui inflige des corvées et le brime. Ernestine sa sœur, et Felix, son frère, le martyrisent. Son père semble inconscient de tout cela et se montre indifférent. C’est pourquoi Poil de Carotte, trop faible et trop seul pour lutter de front contre ce monde hostile, se protège et se venge par la ruse. Le livre est une série de petites scènes indépendantes (une par chapitre), parfois drôles, souvent émouvantes, toujours délectables.

La peste

«- Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ? – J’attends le résultat des analyses. – Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident. » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est… – Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.»

Une ville flottante

Plus qu’un vaisseau, c’est une ville flottante. Si le Great Eastem n’est pas seulement une machine nautique, si c’est un microcosme, un observateur ne s’étonnera pas d’y rencontrer tous les instincts, tous les ridicules, toutes les passions des hommes.
Les rumeurs vont bon train quand on franchit le pont du Great Eastern : des cabines jusqu’aux cales, il est question d’inquiétantes disparitions… Un des capitaines aurait péri noyé, un passager se serait égaré dans les profondeurs du navire, un mécanicien aurait même été soudé dans la boîte à vapeur ! Hypnotisé par la démesure du bâtiment, le narrateur embarque à son bord pour une traversée qui réserve bien des surprises.

Madame Bovary

Emma Rouault est la fille d’un fermier normand. Elle épouse Charles Bovary, médiocre officier de médecine. Sa vie avec lui dans une bourgade normande la déçoit beaucoup : elle ne ressemble guère à celle que lui faisait rêver les romans sentimentaux dont elle a abreuvé son imagination dans le couvent où elle a été élevée. Elle tente de rendre sa vie plus exaltante par des liaisons adultères et des achats de luxe. Mais ils la conduiront à sa perte. Par ce roman, dont le réalisme a fait scandale, Flaubert dénonce les méfaits de l’esprit romantique, sans le mépriser pour autant : il a écrit : « Mme Bovary, c’est moi. »

Cinq semaines en ballon

Tenter de traverser l’Afrique d’est en ouest par la voie des airs, prétendre survoler dans sa plus grande largeur le dangereux continent noir à bord d’une fragile nacelle livrée à tous les caprices des vents, c’était, au temps de Jules Verne, une entreprise d’une audace incroyable. Comme on peut s’y attendre, les cinq semaines qu’il faudra au docteur Fergusson et à ses deux compagnons pour y parvenir seront pleines d’imprévu et de péripéties.
Ce roman passionnera ceux qui s’intéressent aux débuts de l’aéronautique et, en général, tous ceux qui aiment l’humour et la verve des « Voyages extraordinaires » dont Cinq Semaines en ballon ouvrait la série. Paru en décembre 1862, il eut un succès foudroyant, en France, d’abord, puis dans le monde.

Bourses de voyage

Antilian School est un collège londonien réputé, qui accueille exclusivement les jeunes gens natifs des Antilles. Neuf de ses pensionnaires viennent de se voir attribuer des bourses de voyage, offertes par une riche propriétaire de la Barbade. Harry Markel, – ex-capitaine au long cours devenu pirate, – vient d’être capturé et transféré en Angleterre; il s’évade avec ses complices et s’empare de l’ Alert, un trois-mâts en partance, après avoir massacré le capitaine et l’équipage. Or, c’est précisément sur ce navire que viennent s’embarquer les lauréats, accompagnés de leur mentor Horatio Patterson, l’économe de l’école…

Autour de la Lune

Comme prévu (De la Terre à la Lune), le 1er décembre, à bord d’un énorme projectile d’aluminium lancé par un gigantesque canon de 900 pieds de long, s’embarquent pour la Lune : le solennel président du Gun-Club de Baltimore, Impey Barbicane, l’impétueux capitaine Nicholl et le Français Michel Ardan, un Parisien fantaisiste, un artiste aussi spirituel qu’audacieux, deux chiens : Diane et Satellite et quelques autres  » passagers  » amenés subrepticement par Michel Ardan… Les aéronautes ont survécu au terrible contrecoup du départ et, avec eux, nous voyageons dans le boulet-wagon, vivant les multiples péripéties d’une pareille entreprise. Mais pourront-ils revenir sur la Terre ? Autour de la Lune : ce roman aux étourdissantes aventures contées avec des précisions d’astronome et une verve merveilleuse constitue, avec De la Terre à la Lune, une des plus audacieuses anticipations de Jules Verne.

Les Frères Karamazov

C’était vers la fin du mois d’août, par une belle matinée claire et chaude. La réunion de la famille Karamazov chez le starets Zossima devait  avoir lieu à onze heures et demie. On avait eu recours, en désespoir de cause, à cette assemblée d’un conseil de famille, sous le patronage du 
vénérable vieillard, pour trancher les différends survenus entre Fédor Pavlovitch Karamazov et son fils aîné Dmitri Fédorovitch. La situation  entre le père et le fils était extrêmement tendue. Dmitri Fédorovitch réclamait l’héritage de sa mère, et Fédor Pavlovitch prétendait avoir 
donné à son fils tout ce qui lui était dû. Les invités furent amenés par deux voitures. Dans la première, un équipage attelé de forts chevaux, arrivèrent Petre Alexandrovitch Mioussov, — parent de Fédor Pavlovitch par alliance, — et Petre Fomitch Kalganov, qui se préparait à entrer à l’Université, un garçon silencieux  et un peu gauche. Mais dans l’intimité, il s’animait, causait et plaisantait gaiement. C’était l’ami du plus jeune des trois fils de Fédor Pavlovitch, Alexey Fédorovitch, alors novice au couvent du starets Zossima…

Dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski a donné le résumé de sa carrière et de sa pensée. On y retrouve l’opposition père et fils de L’Adolescent, le duel de l’athéisme et de la sainteté des Possédés, le schéma de L’Idiot, avec le crime à la base et l’entrevue dramatique des deux rivales ; enfin et surtout l’un des frères, Aliocha, est la reprise du prince Mychkine : il s’appelait «l’Idiot» dans Ies brouillons. Il semble même que Dostoïevski ait voulu exprimer dans les trois frères les trois aspects de sa personnalité ou les trois étapes de sa vie : Dimitri le schillérien rappelle sa période romantique, terminée aussi par le bagne ; Ivan, les années où il était près de remplacer ‘ la foi chrétienne par le socialisme athée ; Aliocha, son aboutissement, le retour au peuple russe et à l’orthodoxie. Sous quelque angle qu’on les considère, Les Frères Karamazov sont un microcosme aux richesses inépuisables, le chef-d’œuvre peut-être de Dostoïevski.

L’Art de la guerre

Il y a vingt-cinq siècles, dans la Chine des  » Royaumes combattants « , était rédigé le premier traité sur  » l’art de la guerre « . Sur son auteur, Sun Tzu, l’histoire ne fournit que quelques traits biographiques et peut-être sont-ils mêlés de légende. Mais son ouvrage, d’une concision admirable et toujours perceptible malgré les adjonctions des commentateurs, a été et demeure au centre de la pensée militaire d’Extrême-Orient. A la différence de Clausewitz, Sun Tzu ne fait pas de la grandiose bataille d’anéantissement le sommet de l’art du stratège. Si l’on peut détruire l’ennemi, on se jette sur lui ; mais la  » duperie « , c’est-à-dire la guerre totale du mensonge, peut faire mieux encore… Il faut lire Sun Tzu comme un grand classique empreint de sagesse, mais aussi comme la clé d’une meilleure compréhension de la pensée politique chinoise d’aujourd’hui.