Voyage au centre de la Terre

Jules Verne s’amuse. La littérature est un jeu pour lui, chaque livre l’occasion d’un nouveau pari, plus insensé que le précédent. Un fou de savant (il en produira par dizaines, de ces illuminés, tous plus extravagants les uns que les autres) descend en compagnie d’un adolescent candide et d’un guide muet, jusqu’au centre (enfin, presque) de la Terre, pour y créer une mer libre (eh oui, docteur Freud) avec ses tempêtes, son climat « méditerranéen », ses monstres antédiluviens, ses forêts pétrifiées puis remonte illico, à cent à l’heure, poussé par un torrent de lave en fusion… Sur les traces de son maître Edgar Poe (il avait lu ses oeuvres traduites par Baudelaire), Jules Verne prend le canular scientifique pour prétexte, et refaçonne un univers électrique, volcanique, traversé d’énergies furieuses, où sa puissance visionnaire éclate, à la mesure d’une folie créatrice insatiable et sans limites.